Home Assistant demeure l’une des plateformes domotiques open source les plus populaires, offrant une flexibilité exceptionnelle grâce à son architecture basée sur Docker et ses nombreux conteneurs. Pour les utilisateurs qui souhaitent centraliser leurs fichiers multimédias ou leur configuration sur un NAS, exposer le dossier /config/www/ devient une étape stratégique. Cette approche s’avère particulièrement intéressante pour les développeurs et administrateurs qui souhaitent allier persistance des données, modularité des containers et gestion simplifiée des environnements Linux ou Windows Server.
Pourquoi exposer /config/www/ vers un NAS ?
Le dossier /config/www/ de Home Assistant représente l’emplacement privilégié pour stocker des images, scripts, fichiers JSON ou HTML, destinés à être servis par l’interface web. Sans une telle exposition, ces fichiers demeurent isolés à l’intérieur du conteneur Docker, ce qui complique les sauvegardes, l’accès via d’autres machines virtuelles ou le versioning avec Git.
Utiliser un NAS pour ce montage offre plusieurs avantages :
- Persistance : Les fichiers ne disparaissent pas lors du redémarrage ou de la suppression du conteneur.
- Accessibilité : Les scripts et objets décoratifs web peuvent être consultés et modifiés via un autre poste en réseau, sans passer par la ligne de commande du conteneur.
- Sécurité et backup : Les solutions NAS intègrent souvent des fonctionnalités de sauvegarde automatique, surveillance de l’espace disque et réplication.
Configuration pratique avec Docker et NAS
Pour réussir l’intégration, il est indispensable de comprendre comment Docker gère les volumes, les bind mounts, et les droits d’accès. Sur un NAS comme Synology ou QNAP, il est recommandé de monter le partage réseau sur l’hôte Docker, avant de le relier au conteneur. Cette opération permet à Home Assistant de reconnaître les fichiers tout en conservant des permissions correctes pour l’utilisateur root ou le conteneur Docker.
Par exemple, sur un environnement Linux, la commande docker run ou un fichier docker-compose.yml peut inclure :
version: « 3 »
services:
homeassistant:
container_name: home-assistant
image: ghcr.io/home-assistant/home-assistant:stable
volumes:
– /volume1/nas/homeassistant/config:/config
– /volume1/nas/homeassistant/www:/config/www
restart: unless-stopped
network_mode: host
Dans ce scénario, /volume1/nas/homeassistant/www représente le dossier NAS qui sera visible depuis /config/www/ dans Home Assistant. Le montage bind garantit que les fichiers restent persistants et que l’accès via SSH ou via le terminal est possible pour la maintenance ou les mises à jour.
Droits, permissions et compatibilité
L’une des difficultés majeures réside dans les permissions et UID/GID. Les conteneurs Docker peuvent tourner sous un utilisateur spécifique, et un montage SMB/CIFS mal configuré peut empêcher l’écriture. Privilégier NFS sur les systèmes Linux ou NAS compatible Unix s’avère souvent plus stable. Il convient également de vérifier que le conteneur Docker dispose de suffisamment de RAM, que les ports exposés ne sont pas bloqués par le firewall, et que le volume est monté avec des droits en lecture/écriture.
Les administrateurs peuvent tester l’accès avec des commandes comme :
docker exec -it home-assistant bash
ls -l /config/www/
Cette vérification assure que les fichiers sont bien accessibles par le daemon Home Assistant et peuvent être servis via l’interface web ou utilisés dans des scripts Python ou des automatisations YAML.
Sécurité et bonnes pratiques
Exposer /config/www/ vers un NAS nécessite de prendre quelques précautions afin d’éviter les risques de connexion non autorisée :
- Assurez-vous que le NAS est correctement sécurisé avec login et mot de passe.
- Activez SSL/TLS via le conteneur ou un reverse proxy Nginx/Apache, pour protéger l’accès depuis Internet.
- Limitez les accès réseau et utilisez un VPN pour les connexions distantes si possible.
- Planifiez des backups réguliers et conservez un historique des fichiers de configuration.
Ainsi, Home Assistant peut fonctionner de manière stable tout en permettant de servir des fichiers statiques ou de gérer vos applications web et scripts dans un environnement sécurisé et monitoré.
Exploiter pleinement votre Home Assistant avec Docker et NAS
Une fois le montage effectué, /config/www/ devient une extension naturelle de l’architecture de Home Assistant. Les développeurs peuvent ajouter des fichiers HTML, images et scripts, tester des plugins, intégrer des API externes, ou déployer des dashboards personnalisés. Le monitoring des containers, le suivi des logs via /config/logs, et le redémarrage du conteneur (docker restart home-assistant) s’avèrent simples grâce à la standardisation Docker.
De plus, cette configuration ouvre la porte à l’utilisation de bases de données externes comme MySQL, PostgreSQL ou MongoDB pour vos historiques domotiques, et permet la réplication sur d’autres machines virtuelles ou serveurs Linux, Windows Server ou VMware.
Conclusion
Exposer le dossier /config/www/ de Home Assistant Docker sur un NAS demeure une solution puissante pour centraliser vos fichiers, sécuriser vos données et optimiser vos environnements virtuels. Bien réalisée, cette configuration s’avère stable, évolutive et compatible avec une large gamme de scénarios, que ce soit pour des scripts Python, des dashboards personnalisés, ou des intégrations web avancées. Avec un NAS correctement monté, des permissions ajustées et une stratégie de backup, Home Assistant peut exploiter pleinement tout le potentiel du stockage réseau, tout en restant facile à administrer via Docker, SSH et les containers Docker.


